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Silences ou ombre
Le mouvement dans les branches
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Tisusmiwin negh tili
Amussu n icethan
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Silences ou ombre
Le mouvement dans les branches
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Tisusmiwin negh tili
Amussu n icethan
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et on passe son temps au bout
impression de ne pas pouvoir
a d r é n a l i n e
on continue d'être au bout
à l'écoute de tout qui passe
bouchon à droite
usure à gauche
pas silence
au bout n'est pas silence
à ras du tout
urgence
on continue d'être au bout
à ordonner l'ordre du tout
à afficher les notes
sur le coin
au fond
on se laisse porter au bout
au fin des choses
et recommencer
sur boucle
(Cécile Guivarch)
tu dors
mais à bien tendre loreille
on entend un ronronnement de chat
un roulement deau
et derrière les vitres
les nuits de lunes pleines
on les voit par dizaines
les civelles de couleurs
sont le reflet de leau
(Cécile Guivarch) Lire ce poème sur le site Incertain Regard
Zones marquées dombres
surface sans espace
soupçon de vide
limite silence
Est-ce qu
on sy engage
ou sy transverse
avec force et précision
ou au contraire
est-ce quon reste suspens
incrédule, à moitié flottant
- nous restons hors des cordes -
lil se vide
à moins quil ne scrute lintérieur
jusquau seuil de linversion
jusquà manquer despace
pleine déconstruction
déjà
ne plus subir
la tension de la terre et du ciel
ne plus sentir
ce qui vibre et ce qui dort
le néant sextrait
résiste au corps
surgi du fond
projette en soi
- nous restons devant
sujets étrangers
nous aimerions faire semblant
de ne pas y croire -
II
on a vu
une planche
et en dessous un trou
on sest recueilli
les yeux rivés sur
le rebord en merisier
devant la vieille photo
les couleurs de la France
et la marche de marbre
ça se crispe
un paquet de choses à ravaler
quelque part à lintérieur
là où il reste peu de place
pour cacher ce qui pince
on nous dit de partir
au fond cest pas plus mal
ils vont sentir bon tous les trois.
(Cécile Guivarch)
y gagner lenfance peut-être
ou alors de
rester devant la m e r
à écouter les vagues
Sur le passage de l a i r
lherbe se courbe vers la t e r r e
les couleurs bougent un peu
Ca va comme ça vient
je me fonds dans le glac i e r
alors que tu ty p e r d s
manque le - souffle
On passe son temps les yeux au ciel
croire que la lune s'étale
subir la pression du vide
réaliser que cest loin
entre deux r i e n
entre deux v i d e
pourtant le vent,
l'air tourne
s'ébruite dedans
dans le creux de l'arbre
au bord du ravin
au fond de l'oeil
ce n'est pas v i d e
l'air est partout
rien nest vide
tout a un fond
(Cécile Guivarch)
Comme se dire à quoi
tient l'extrémité du ciel
dans l'intervalle le vide
pas de volume le suspens
entre nous
c'est le fond que tu fixes
(Cécile Guivarch)
S’il suffit de fermer les yeux
et voir les stries de la montagne
pourquoi ne pas la décrocher,
se laisser prendre au vertige ?
tout est aride
pas d’herbe sur les pierres
on cherche l’ombre du jujubier
on s’y pique sur les bords
l’air est chaud
on allonge la fraîcheur au ras du sol
le tapis est tissé par le soleil
le vent s’insinue ici
s’il suffit de lever les yeux
pour parler aux étoiles
pourquoi ne pas les étirer
jusqu’à laisser le désert
entendre le silence ?
(Cécile Guivarch)

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