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Brins de poesie

Jeudi 5 mai 2005

 Silences ou ombre

 

Le mouvement dans les branches  
est fait de silences
seules les feuilles se font entendre



toi –
tu cherches l’ombre –

(Cécile Guivarch)

 Tisusmiwin negh tili

 

Amussu n icethan
yettug seg tsusmiwin
xs afriwn ay mi netsella



key-
tsiggilt xf tili -

(traduction en Amazigh par Ali Iken)

 

 

 

Par Cécile
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Dimanche 8 mai 2005

et on passe son temps au bout

impression de ne pas pouvoir

 

a d r é n a l i n e

 

on continue d'être au bout

à l'écoute de tout qui passe

bouchon à droite

usure à gauche

pas silence

 

au bout n'est pas silence

à ras du tout

urgence

 

on continue d'être au bout

à ordonner l'ordre du tout

à afficher les notes

sur le coin

au fond

 

on se laisse porter au bout

au fin des choses

et recommencer

sur boucle

 

(Cécile Guivarch)

Par Cécile Guivarch
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Mardi 17 mai 2005

tu dors

mais à bien tendre l’oreille

on entend un ronronnement de chat

un roulement d’eau

 

et derrière les vitres

les nuits de lunes pleines

on les voit par dizaines

 

les civelles de couleurs

sont le reflet de l’eau

 

(Cécile Guivarch) Lire ce poème sur le site Incertain Regard

Par Cécile Guivarch
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Dimanche 5 juin 2005

I –

 

Ce que doit être le   n é a n t

Zones marquées d’ombres

surface sans espace

soupçon de vide

limite silence

 

Est-ce qu’

on s’y engage

ou s’y transverse

avec force et précision

ou au contraire

est-ce qu’on reste suspens

incrédule, à moitié flottant

 

- nous restons hors des cordes -

 

 

l’œil se vide

à moins qu’il ne scrute l’intérieur

jusqu’au seuil de l’inversion

jusqu’à manquer d’espace

pleine déconstruction

 

déjà

ne plus subir

la tension de la terre et du ciel

ne plus sentir

ce qui vibre et ce qui dort

 

le  néant s’extrait

résiste au corps

surgi du fond

projette en soi

 

- nous restons devant

sujets étrangers

nous aimerions faire semblant

de ne pas y croire -

 

 

 

II –

 

on a vu

une planche

et en dessous un trou

on s’est recueilli

 

les yeux rivés sur

le rebord en merisier

devant la vieille photo

les couleurs de la France

et la marche de marbre

 

ça se crispe

un paquet de choses à ravaler

quelque part à l’intérieur

là où il reste peu de place

pour cacher ce qui pince

 

on nous dit de partir

au fond c’est pas plus mal

ils vont sentir bon tous les trois.

(Cécile Guivarch)

Par Cécile Guivarch
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Lundi 13 juin 2005

Suffit-il   de

re f a i r e

le chemin du vent

y gagner l’enfance        peut-être

 

 ou alors  de

rester devant la m e r

à écouter les vagues

 

Sur le passage de l’ a i r

l’herbe se courbe vers la t e r r e

les couleurs bougent          un peu

 

Ca va comme ça vient

je me fonds dans le glac i e r

alors que tu t’y p e r d s

 

manque    le    - souffle –

 

(Cécile Guivarch)

Par Cécile Guivarch
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Jeudi 16 juin 2005
On passe son temps les yeux au ciel
croire que la lune s'étale
subir la pression du vide
réaliser que c’est loin
entre deux  r i e n
entre deux       v  i   d   e

pourtant le vent,
l'air tourne 
s'ébruite dedans

dans le creux de l'arbre
au bord du ravin
au fond de l'oeil
ce n'est pas  v i d e

l'air est partout
rien n’est  vide
tout a un fond
 
(Cécile Guivarch)
Par Cécile Guivarch
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Dimanche 19 juin 2005

Comme se dire à quoi 

tient l'extrémité du ciel

dans l'intervalle le vide

pas de volume le suspens

entre nous

c'est le fond que tu fixes

   

(Cécile Guivarch)

Par Cécile Guivarch
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Mercredi 20 juillet 2005

S’il suffit de fermer les yeux
et voir les stries de la montagne
pourquoi ne pas la décrocher,
se laisser prendre au vertige ?

tout est aride
pas d’herbe sur les pierres
on cherche l’ombre du jujubier
on s’y pique sur les bords

l’air est chaud
on allonge la fraîcheur au ras du sol
le tapis est tissé par le soleil
le vent s’insinue ici

s’il suffit de lever les yeux
pour parler aux étoiles
pourquoi ne pas les étirer
jusqu’à laisser le désert
entendre le silence ?

(Cécile Guivarch)


 

Par Cécile Guivarch
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