Etrangers devant

Publié le par Cécile Guivarch

I –

 

Ce que doit être le   n é a n t

Zones marquées d’ombres

surface sans espace

soupçon de vide

limite silence

 

Est-ce qu’

on s’y engage

ou s’y transverse

avec force et précision

ou au contraire

est-ce qu’on reste suspens

incrédule, à moitié flottant

 

- nous restons hors des cordes -

 

 

l’œil se vide

à moins qu’il ne scrute l’intérieur

jusqu’au seuil de l’inversion

jusqu’à manquer d’espace

pleine déconstruction

 

déjà

ne plus subir

la tension de la terre et du ciel

ne plus sentir

ce qui vibre et ce qui dort

 

le  néant s’extrait

résiste au corps

surgi du fond

projette en soi

 

- nous restons devant

sujets étrangers

nous aimerions faire semblant

de ne pas y croire -

 

 

 

II –

 

on a vu

une planche

et en dessous un trou

on s’est recueilli

 

les yeux rivés sur

le rebord en merisier

devant la vieille photo

les couleurs de la France

et la marche de marbre

 

ça se crispe

un paquet de choses à ravaler

quelque part à l’intérieur

là où il reste peu de place

pour cacher ce qui pince

 

on nous dit de partir

au fond c’est pas plus mal

ils vont sentir bon tous les trois.

(Cécile Guivarch)

Publié dans Brins de poesie

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gt 14/06/2005 22:56

...de tout coeur

" détraquée
l'horloge a perdu ses heures
les années ont glissé
hors du temps
mais toujours cet instant
est resté
comme un instant démesuré "

nephtys 10/06/2005 19:51

J'ai pas vraiment envie de le vider, cet évier là...amitiés