Brèves tête au ciel

Publié le par Cécile Guivarch

 Je vis parce que cela me prend un beau matin. Rien d’étonnant, je vis. C’est beau dehors. Ca bouge, ça vit. Il y a du mouvement. Et toujours je vis. Même à l’intérieur. Ca grouille, ça travaille, dans un sens ou dans l’autre. Enfin, ça vit dedans. Et moi au milieu, je vis. Et autour de tout cela. Du dehors, du dedans, du milieu, ça vit partout. Dessus. En dessous. Derrière. Devant aussi. Je vis et eux aussi vivent parce qu’ils circulent – ici, quelque part. Je vis parce que ça bouge – ici ou là. Rien d’étonnant. Juste regarder à droite, à gauche. Devant. Partout ça vit. Alors je vis. Rien d’étonnant.

  C'est samedi, dehors c'est tout gris. Si je sors, c'est le ciel qui me tombe sur la tête. Je me demande bien quel effet ça aurait si le ciel nous tombait vraiment sur la tête.
Toujours le gris. Le ciel il est comme étouffé dessous. Heureusement les feuilles ont une sacrée touche de vert.

 Ca continue d'être gris. Il faut de la contenance au ciel pour se laisser étouffer comme cela. Tout le bleu est effacé. Pas un oiseau. C'est mauvais signe. Ils ont du sentir la menace. C'est gris. C'est pas beau. Le ciel est étouffé. La Loire s'agite. A contre courant. Tout est effacé. Pas un oiseau. Je m'agite. J'ai peur. Du vent. Le gris. Ca menace. On étouffe 

   Je m’assieds toujours dans le même angle. Celui qui me laisse absorber le ciel. Le front contre la vitre. A regarder surgir le dehors. Il y en a partout, du ciel. Vois dehors. Lumière. Nuages blancs. Fils bleus. La lumière perce sur les côtés. Ca ne menace plus. La terre n'a plus soif. Des oiseaux. L'eau est claire. Fils bleus dessus. L'air est frais.

 Quand je me suis levée, j'ai regardé le velux. Le ciel était bleu. Du coup, moi aussi. Le chat m'a regardé. Je crois qu'il a souri. Je n'en suis pas sûre. Parce que des fois il a de drôles de manières. Faut dire que je l'ai eu petit. Je dois représenter un monde pour lui. J'ai regardé l'heure. Trop tard pour le bus. Je n'aurai pas du questionner le chat. Je prends les clés de la voiture. Mais ce matin, je ne sais pas comment la démarrer. Alors, je vais à pied au boulot. Ca me fait de l'exercice. Ca fait méditer et dans ces moments là, ça médite sec. J'aurai du prendre le chat, il m'aurait aidé. faut dire que la méditation il connaît.

(Cécile Guivarch - tous droits réservés)

 

Publié dans Brèves

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