In mémoriam, Léopold Sédar Senghor

Publié le par Cécile Guivarch

 IN MEMORIAM

 

C’est Dimanche.

J’ai peur de la foule de mes semblables au visage de pierre.

De ma tour de verre qu’habitent les migraines, les Ancêtres

Impatients

Je contemple toits et collines dans la brume

Dans la paix – les cheminées sont graves et nues.

A leur pieds dorment mes morts, tous mes rêves faits

Poussière

Tous mes rêves, le sang gratuit répandu le long des rues,

Mêlé au sang des boucheries.

Et maintenant, de cet observatoire comme de banlieue

Je contemple mes rêves distraits le long des rues, couchés

Au pied des collines

Comme les Conducteurs de ma race sur les rives de la Gambie

Et du Saloum

De la Seine maintenant, au pied des collines.

Laissez-moi penser à mes morts !

C’était hier la Toussaint, l’anniversaire solennel du Soleil

Et nul souvenir dans aucun cimetière.

O Morts, qui avez toujours refusé de mourir, qui avez su

Résister à la mort

Jusqu’en Sine jusqu’en Seine, et dans mes veines fragiles,

Mon sang irréductible

Protégez mes rêves comme vous avez fait vos fils, les migrateurs aux jambes minces.

O morts ! défendez les toits de Paris dans la brume dominicale

Les toits qui protègent mes morts.

Que de ma tour dangereusement sûre, je descende dans la rue

Avec mes frères aux yeux bleus

Aux mains dures.

Léopold Sédar Senghor dans Poètes d’Afrique et des Antilles, anthologie proposé par Hamidou Dia, Editions La Table Ronde.

 

Léopold Sédar Senghor est né le 9 octobre 1906 à Joal au Sénégal. Il est décédé le 20 décembre 2001 à Vernon en France. Premier agrégé noir, professeur, membre de l’Académie française. Ce poète du royaume et de la civilisation de l’universel est mondialement connu. Membre fondateur avec Césaire et Damas, du mouvement de la négritude dont il fut le théoricien le plus fécond, Senghor fut président de la République du Sénégal de 1960 à 1980, après avoir été ministre de la IVème et de la Vème République française. (commentaires recueillis dans l’anthologie d’Hamidou Dia)

Un très beau portrait, des commentaires, des extraits sur http://voyages.objectifterre.org/casamance/senghor.html

Un extrait de son œuvre avec le fabuleux poème Femme noire : http://franceweb.fr/poesie/senghor1.htm

Publié dans Voix du Monde

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DJIBRIL CHIMERE DIAW 31/07/2005 16:34

DJIBRIL CHIMERE DIAW

QUAND CHEIKH ANTA ILLUMINE LE MONDE EN RETABLISSANT LA VERITE HISTORIQUE SON PENDANT SENGHOR S’ENFONCE DANS LA BOUE DE LA SOUMISSION
LEOPOLD SEDAR SENGHOR OU LA SERVITUDE INCARNEE. Jamais un homme n’ a été aussi loin dans le mépris de soi , de son peuple encore moins un leader politique . C’ est pourquoi il est adulé par l’ Occident et présenté comme le modèle à suivre qui fait rêver tous ceux qui ont la haine de soi .IL EST allé jusqu’ à dériver son nom de Senhor oubliant cette origine Senghor = Sen +ghor (qui signifie :votre garçon ou le garçonSene ) ghor =garçon, Sen= votre ; Séne est un nom de famille. Il invoqué sa goutte de sang portugais (sic) qui chantait des saudades (voir œuvre poétique plutôt poétoc). Senghor un métisse? Certes en son temps il y avait des blancs à peau noire(thèse des hamites ).


Discours de Senghor en 1950 devant l’ assemblèe européenne de Strasbourg (Senghor cité par L P Aujoulat dans « Aujourd’hui l’Afrique » Paris , Casterman 1958 )

"… au siècle polytechnique de la bombe atomique, le nationalisme apparaît dépassé et l'indépendance n'est qu'illusion. Et dans ce monde réel jusqu'à l'angoisse, pourtant absurde, les hommes sinon les peuples préfèrent les libertés à la Liberté.. à l 'indépendance de leur pays l'interdépendance matérielle et morale de chacun de leurs concitoyens [...] L'Afrique a la mystique de l'égalité dans la coopération. Si vous refusez de la satisfaire, les hommes de bonne volonté que nous sommes, seront demain , dans 20 ans, 30 ans, des collaborateurs aux yeux des jeunes générations. Celles-là auront la mystique de l' indépendance dans la sécession. Au grand dam des deux continents complémentaires »
« I’ Europe a laissé passer l'heure de l'Eur-Asie. Et voilà qu’aujourd'hui, sous des raisons qui ne sont pas toujours valables, je le reconnais sans peine, l'Asie entend se distinguer de l’ Europe quand elle ne s'oppose pas à elle par les armes. Notre
assemblée laissera-t-elle passer sans saisir l'occasion, l 'heure de l 'Eur-Afrique ? Attendra-t-elle que se produisent en Afrique d'autres événements de Corée, de Malaisie, d'Indochine, Ce ne serait pas sage ni politique. »

Léopold Sédar Senghor déclare 1956( dans «  Confédération et fédération . »
« Parler d'indépendance c'est raisonner la tête en bas et les pieds en l'air, ce n'est pas raisonner. C'est poser un faux problème. »

Senghor dans «  l’esprit de la civilisation ou les lois de la culture négro-africaine »

" ()On l'a dit souvent, le Nègre est l'homme de la nature. Il vit traditionnellement de la terre et avec la terre, dans et par le cosmos. C'est un sensuel, un être aux sens ouverts, sans intermédiaires entre le sujet et l'objet, sujet et objet à la fois... C'est dire que le Nègre, traditionnellement n'est pas dénué de raison, comme on a voulu me le faire dire. Mais sa raison n'est pas discursive.. elle est synthétique. Elle n'est pas antagoniste.. elle sympathique. C'est un autre mode de connaissance... La raison blanche est analytique par utilisation, la raison nègre, intuitive par participation [...].
Il [le Négro-Africain} ne constate pas qu'il pense il sent qu'il sent, il sent son existence, il se sent...» '


Senghor dans «  ce que je crois - Négritude , Francité et Civilisation de l’ universel »
« C'est dire que celles-ci [les langues albo-européennes) sont essentiellement des langues scientifiques parce que de raisonnement -je ne dis pas de philosophie. »