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Jeudi 16 juin 2005
On passe son temps les yeux au ciel
croire que la lune s'étale
subir la pression du vide
réaliser que c’est loin
entre deux  r i e n
entre deux       v  i   d   e

pourtant le vent,
l'air tourne 
s'ébruite dedans

dans le creux de l'arbre
au bord du ravin
au fond de l'oeil
ce n'est pas  v i d e

l'air est partout
rien n’est  vide
tout a un fond
 
(Cécile Guivarch)
Par Cécile Guivarch - Publié dans : Brins de poesie
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Mercredi 15 juin 2005

Les pays de La Loire est une région très riche en littérature, événements littéraire, poésie avec des lectures rencontres d'auteurs, éditeurs, etc.

Vous pourrez télécharger ici les éditions d'Encres de Loire, éditions sur l'actualité et les rendez-vous littéraires de la région. Le numéro de janvier, propose un dossier consacré à la poésie !

 

Et bientôt à Paris, le marché de la poésie ! Voici le journal Marché des lettres

 

 

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Infos littéraires
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Mercredi 15 juin 2005

La FLEUR est humide

 

Elle est une chose lourde

Ronde fermée sans lumière

A l'intérieur

 

Seul un insecte s'insinue

Comme il s'enfoncerait dans l'eau

 

Il faut descendre aveugle dans la fleur

Oublier tout attendre qu'elle éclate

Dans le rouge et dans le parfum

Mystérieux qui la composent

 

Elle s'ouvre quand elle meurt

Nous attendrons qu'elle meure

Pour voir le secret de son corps

 

Car le vent léger la pluie

Ou le doigt dispersèrent

Ses beaux velours sur l'herbe ou sur la table.

 

(...)

Jean Tortel, dans Une constellation, tout près, poètes d'expression française du XXe siècle choisis par Philippe Jaccottet, page 267

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Coups de coeur
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Lundi 13 juin 2005

Suffit-il   de

re f a i r e

le chemin du vent

y gagner l’enfance        peut-être

 

 ou alors  de

rester devant la m e r

à écouter les vagues

 

Sur le passage de l’ a i r

l’herbe se courbe vers la t e r r e

les couleurs bougent          un peu

 

Ca va comme ça vient

je me fonds dans le glac i e r

alors que tu t’y p e r d s

 

manque    le    - souffle –

 

(Cécile Guivarch)

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Brins de poesie
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Lundi 6 juin 2005
Si je fais couler du sable
De ma main gauche à ma paume droite,

C'est bien sûr pour le plaisir
De toucher la pierre devenue poudre,

Mais c'est aussi et davantage
Pour donner du corps au temps,

Pour ainsi sentir le temps
Couler, s'écouler

Et aussi le faire
Revenir en arrière, se renier.

En faisant glisser du sable,
J'écris un poème contre le temps".

Eugène Guillevic dans Art Poétique, Editions Gallimard, page 223.

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Coups de coeur
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Dimanche 5 juin 2005

I –

 

Ce que doit être le   n é a n t

Zones marquées d’ombres

surface sans espace

soupçon de vide

limite silence

 

Est-ce qu’

on s’y engage

ou s’y transverse

avec force et précision

ou au contraire

est-ce qu’on reste suspens

incrédule, à moitié flottant

 

- nous restons hors des cordes -

 

 

l’œil se vide

à moins qu’il ne scrute l’intérieur

jusqu’au seuil de l’inversion

jusqu’à manquer d’espace

pleine déconstruction

 

déjà

ne plus subir

la tension de la terre et du ciel

ne plus sentir

ce qui vibre et ce qui dort

 

le  néant s’extrait

résiste au corps

surgi du fond

projette en soi

 

- nous restons devant

sujets étrangers

nous aimerions faire semblant

de ne pas y croire -

 

 

 

II –

 

on a vu

une planche

et en dessous un trou

on s’est recueilli

 

les yeux rivés sur

le rebord en merisier

devant la vieille photo

les couleurs de la France

et la marche de marbre

 

ça se crispe

un paquet de choses à ravaler

quelque part à l’intérieur

là où il reste peu de place

pour cacher ce qui pince

 

on nous dit de partir

au fond c’est pas plus mal

ils vont sentir bon tous les trois.

(Cécile Guivarch)

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Brins de poesie
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Jeudi 2 juin 2005

 

Une fleur épinglée à la poitrine.
Je ne sais déjà plus qui l'a épinglée.
Inassouvie, ma soif de passion,
De tristesse et de mort.

Par le violoncelle et par les portes
Qui grincent, par les verres qui tintent
Et le cliquetis des éperons, par le signal
Des trains du soir,

Par le coup de fusil de chasse
Et par le grelot des troïkas -
Vous m'appelez, vous m'appelez,
Vous - que je n'aime pas !

Mais il est encore une joie :
J'attends celui qui, le premier,
Me comprendra, comme il le faut -
Et tirera à bout portant

(poème écrit le 22 octobre 1915 - L'offense lyrique, Présentation Henri Deluy - Éditions Fourbis, page 33)

Lire l'article
Marina Tsvetaïeva, Poéte de tous les exils

 


 

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Voix du Monde
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Samedi 28 mai 2005

Théâtre en moi

sans moi

 

déchirures en sac de peau

corps dissymétrique et semblable

 

je dis traverse arrachement

monde planqué

 

je ramasse

une fois

ce que je ne cesse de perdre

 

intermédiaire

entre monde et néant

 

Marie-Claire Bancquart, dans Partition, éditions belfond, page 10

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Coups de coeur
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Samedi 21 mai 2005

 

Fermer les yeux et écouter , juste cela...

 

Souffles

Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.
 
 
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.
 
 
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.
 
 
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils sont dans les Herbes qui pleurent,
Ils sont dans le Rocher qui geint,
Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,
Les Morts ne sont pas morts.
 
 
 
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.
 
 
Il redit chaque jour le Pacte,
Le grand Pacte qui lie,
Qui lie à la Loi notre Sort,
Aux Actes des Souffles plus forts
Le Sort de nos Morts qui ne sont pas morts,
Le lourd Pacte qui nous lie à la Vie.
La lourde Loi qui nous lie aux Actes
Des Souffles qui se meurent
Dans le lit et sur les rives du Fleuve,
Des Souffles qui se meuvent
Dans le Rocher qui geint et dans l’Herbe qui pleure.
Des Souffles qui demeurent
Dans l’Ombre qui s’éclaire et s’épaissit,
Dans l’Arbre qui frémit, dans le Bois qui gémit
Et dans l’Eau qui coule et dans l’Eau qui dort,
Des Souffles plus forts qui ont pris
Le Souffle des Morts qui ne sont pas morts,
Des Morts qui ne sont pas partis,
Des Morts qui ne sont plus sous la Terre.
 
 
Ecoute plus souvent
Les Choses que les Etres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Ecoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots,
C’est le Souffle des Ancêtres.
 

Ecoutez le poème 

 

Birago Diop est né en 1906 à Dakar au Sénégal. Il exerce le métier de vétérinaire et occupe également un poste d’ambassadeur à Tunis. Il a écrit les Contes d’Amadou Koumba. La plupart des poèmes contenus dans le recueil Leurres et lueurs ont été inspiré par des contes africains.

Une présentation, des photos et de nombreux extraits sur ce site

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Voix du Monde
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Samedi 21 mai 2005

Aujourd'hui, sur le site Pleutil, une de mes brèves est en ligne.

Par Cécile Guivarch - Publié dans : Brèves
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Une brindille...

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